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Santé Intégrative et approche systémique

jeudi 19 février 2015, par Jacques B. BOISLEVE

La santé Intégrative ouvre une voie résolument nouvelle dans le domaine thérapeutique. Elle se place au-delà des querelles partisanes qui opposent la médecine conventionnelle et les thérapies alternatives. Son approche globale est réellement pragmatique : elle adopte sans réserve toutes les techniques de soins qui ont fait leurs preuves.
Le concept présenté sur le site www.sante-vivante.fr s’inscrit sans réserve dans cette démarche. Son éclairage systémique apporte un fondement théorique qui donne plus de sens et de cohérence. En appliquant les lois dynamiques des systèmes complexes à la maladie et à la guérison, il émerge un modèle général du mécanisme évolutif de la santé des organismes. En accord avec les faits observés, et indépendamment de toute croyance dogmatique qui limite le champ de vision de la réalité.

Les bases de la santé intégrative
Cette approche nouvelle a déjà pris de l’ampleur au Canada. En France, elle a été révélée par une revue impulsée par Philippe Tournesac (Santé Intégrative) et le livre de Luc Bodin (Guide de la médecine globale et intégrative).
Des praticiens de l’Université d’Arizona ont proposé la définition suivante : "la médecine intégrative est une médecine axée sur la guérison, qui tient compte de la personne dans son ensemble (corps, esprit et âme), incluant tous les aspects du mode de vie. Elle met l’accent sur la relation thérapeutique et a recours à toutes les thérapies appropriées, tant conventionnelles qu’alternatives (1).

Sa spécificité peut se résumer en 4 points :
1. Elle est axée sur la guérison, en tant que processus de transformation qui va bien au-delà du simple effacement des symptômes.
2. Elle est centrée sur la relation, bénéficiant en cela de l’apport des psychothérapies. La qualité de la relation thérapeutique, qui laisse un espace de souveraineté au soigné et participe au développement personnel du soignant, est considérée comme un facteur essentiel du processus de guérison. Le thérapeute doit tendre lui-même vers un état de santé globale attractif pour les personnes qu’il soigne.
3. Elle tient compte de tout ce qui influe directement ou indirectement sur la santé : le psychisme (personnalité, relations, stress, rapport à la spiritualité), les facteurs environnementaux (alimentation, toxiques, exposition aux ondes électromagnétiques), le corps (génétique, terrain biologique acquis, tensions liées aux compensations posturologiques, activité physique, récupération par le sommeil).
4. Elle a recours à tous les outils thérapeutiques qui ont montré leur efficacité et dont les effets néfastes n’étouffent pas les bénéfices. Elle évite autant que possible les médicaments qui nuisent aux fonctions générales et les thérapies alternatives qui ne reposent que sur la croyance.

Le concept de maladies multifactorielles
La médecine conventionnelle est dépassée par les maladies émergentes de nos sociétés, notamment par le fait qu’elle ne peut trouver de cause commune et d’enchainements de causalités applicables à tous les malades souffrant du même problème. Elle est bloquée en cela par son dogme matérialiste réducteur qui ne peut comprendre les phénomènes que par des mécanismes linéaires.
La santé intégrative s’est libérée de cet enfermement en admettant que c’est un contexte multifactoriel qui conduit à la maladie, qu’il n’y a pas forcément de hiérarchie linéaire entre l’action des facteurs, et que des facteurs différents d’une personne à l’autre peuvent conduire à un même syndrome (ensemble de signes cliniques et biologiques associés).

Une autre idée de la guérison
La médecine intégrative ne considère pas la guérison comme une simple disparition des symptômes, ni comme un retour à la case départ qui aurait gommé la maladie pour revenir à la normalité. La guérison est une transformation, qui change le rapport à la maladie. Il peut s’agir d’une acceptation de celle-ci en la rendant plus supportable, ou de l’évolution vers un autre état psycho-biologique dans lequel les symptômes se sont nettement atténués, voire ont disparu.
Une telle guérison nécessite l’investissement du malade dans son chemin thérapeutique qui est aussi celui de son développement personnel, en résonance avec celui de son thérapeute.

L’apport systémique
Actuellement, la santé intégrative ne fournit pas de modèle général expliquant le passage d’un état de santé à un état de maladie, puis à un état de guérison. Elle constate la complexité des mécanismes multifactoriels et agit par pragmatisme en s’appuyant sur l’expérience.
Initiée par Ludwig Von Bertalanffy dans la première moitié du XXe siècle, la science des systèmes a été successivement enrichie par la cybernétique (Norbert Wiener), la théorie du chaos, la dynamique non linéaire des structures dissipatives (Ilya Prigogine), l’auto-organisation et les nouvelles sciences cognitives (Francisco Varela). Elle est au cœur de l’œuvre d’Edgar Morin qui l’a appliquée dans divers domaines. Elle permet une démarche transdisciplinaire qui considère le tout de manière réellement globale, et non depuis la fenêtre d’une spécialité qui rétrécit l’angle de vision.
L’approche systémique, appelée aussi science de la complexité, est d’un abord difficile parce qu’elle repose sur une logique non linéaire, plus accessible à l’intuition qu’à la raison. On ne peut y entrer sans se libérer du mode de pensée purement rationnel qui conditionne la culture occidentale. Cette science est encore mal connue dans le monde de la santé. Et pourtant, ses descriptions de la dynamique évolutive et du mécanisme des transformations, établies avec une rigueur scientifique irréprochable, sont sans équivoque celles qui correspondent le mieux à la réalité observée.

Santé vivante : intégrative et systémique
L’application des lois systémiques à la biologie, à la psychologie et à la santé, conduit à une vision globale capable d’intégrer toutes les connaissances actuellement disponibles, aussi bien matérialistes issues de la science, que spiritualistes issues de l’expérience et des traditions. Le fondement ultime de la dynamique vivante y reste mystérieux, mais ses manifestations répondent à des lois capables de décrire et expliquer les phénomènes observés, sans avoir besoin d’exclure des anomalies qui dérangent.

Cela conduit notamment à considérer que :
– La stabilité d’un organisme étant liée à tous les facteurs qui l’influencent, il est illusoire de se focaliser sur les liens directs de cause à effet d’un facteur isolé pour comprendre la genèse d’une maladie ou d’une guérison. Les études actuelles sur laquelle repose la science médicale, en appliquant cette démarche, ne peuvent conduire qu’à une représentation mécanisée de la vie. Cette représentation, qui constitue la connaissance médicale universitaire actuelle, est décalée de la réalité globale observée et incapable d’intégrer les synergies non linéaires des thérapies holistiques.
– Le psychisme est un facteur clef, mais en aucun cas la source qui précède toute manifestation. L’esprit influence le corps, mais le corps et l’environnement influencent aussi l’esprit. L’ensemble est un mouvement perpétuel d’ajustements et d’optimisation qui maintient la stabilité. Dans un processus de maladie ou de guérison, il est plus adapté de dire que l’esprit permet ou bloque la transformation, plutôt qu’il en soit le moteur principal.
– Le processus vivant ne peut jamais faire marche arrière, car il ne peut effacer la mémoire de ce qui a été vécu. Ainsi, une guérison ne sera jamais un retour à ce qui était là avant la maladie, mais la transformation vers un état nouveau. C’est pour cela que la maladie est souvent perçue comme un processus d’évolution personnelle.
– On ne peut jamais être sûr qu’un traitement sera efficace, tout comme on ne peut pas prétendre qu’une maladie soit incurable. Nous sommes dans le cadre de processus non linéaires et ceux-ci sont, par essence, imprévisibles dans l’absolu. En revanche, en agissant d’une manière qui a fait ses preuves et qui respecte les lois naturelles de la vie, une thérapie met toutes les chances du bon côté et se donne les moyens du meilleur résultat possible. C’est une attitude pragmatique et humble face à un mystère qui nous dépasse, plutôt qu’un désir de maîtrise, qui au final est toujours une illusion.


Article publié pour la première fois le 1er mai 2010
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